claddagh-ring

Rimbaud et Shakespeare font bon ménage...

Coucou !
Je faisais des recherches sur le personnage d'Ophélie, personnage de la pièce de William Shakespeare "Hamlet", quand tout à coup, un site me mentionne un poème d 'Arthur Rimbaud, "Ophélia", parlant de ce personnage. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais j'aime beaucoup. Allez, je le mets.

I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles ...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.


Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.


Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.


Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile:
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.


II

O pâle Ophélia! belle comme la neige!
Oui, tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!
- C'est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits;


C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux!


Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre Folle!
Tu te fondais à lui comme une neige au feu:
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu!


III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.


TITRE_IMAGE

Ce tableau est une oeuvre de Paul Steck. On peut le voir, lors de l'exposition temporaire du Petit Palais. Il est encore plus beau, en vrai.
Bon, voila, cet article se termine ici. Si vous avez un avis sur ce poème, Rimbaud, Shakespeare, Paul Steck, ou l'influence du banana split sur la société, vous pouvez le laisser.
A bientôt !
Marion.

Vos commentaires

1 Le Lundi 23 Janvier 2006 à 19:49 GMT+2, par caro

cé ki ki doi se taper chaddagh kan elle recite ce poeme ? cé bibi! En locurence moi!mdr :)

2 Le Jeudi 22 Mars 2007 à 18:52 GMT+2, par sunrise

Hello, je passe par hasard. Trop beau le tableau, et le poème n'est pas mal non plus.

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